Jean Luc Chimier juin 1, 2021 Pas de commentaire

En France, 8 à 11 millions de personnes (1) – soit 1 sur 6 – aident
régulièrement un proche âgé, malade ou handicapé. Ces «aidants » conciliant vies professionnelle et personnelle, travaillent dans l’ombre, parfois au détriment de leur propre santé et de leur
vie familiale et sociale. Zoom sur leur rôle au quotidien et sur les
aides à mettre en place.

Le statut d’aidant évolue peu à peu
Depuis quelques années, l’Etat s’empare du sujet devenu un problème de santé publique.
La loi relative à l’adaptation de la société au vieillissement de 2015 instaure un « droit au répit », intégré à l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA) (2). Cette mesure permet aux proches aidants, qui ne peuvent pas être remplacés et dont la présence ou l’aide est indispensable à la vie au domicile du bénéficiaire de l’APA, de prendre un temps de repos (voir plus bas).
En 2017, le congé d’aidant qui autorise l’aidant à cesser temporairement son activité professionnelle pour s’occuper d’une personne en perte d’autonomie est élargi aux proches aidants sans lien de parenté avec la personne. D’ici octobre 2020, ce congé d’aidant sera indemnisé.
Un plan de soutien et de mobilisation sur 3 ans « Agir pour les aidants » a même été lancé cet automne.

Aidant : un rôle naturel mais souvent subi
« C’est normal que je m’en occupe. » Même si leur quotidien prend des allures de parcours du combattant, les aidants estiment souvent leur rôle comme «naturel».
La fonction d’aidant n’en est pas moins une épreuve lourde à supporter qui représente une charge mentale, physique et souvent financière qui bouleverse la vie quotidienne. Entre travaux domestiques, assistance socio-médicale, soutien psychologique, soins corporels, courses, aide aux déplacements, surveillance
voire soutien financier… Les aidants y laissent énormément de temps et d’énergie.
Plus de la moitié d’entre eux travaillent et sont souvent contraints de réduire ou de cesser leur activité pour s’occuper de leurs proches… Une situation qui les conduit parfois à l’isolement, à la détresse voire à l’épuisement. 31% des aidants délaissent leur propre santé (1). Il existe fort heureusement des solutions humaines,
techniques et financières pour alléger le quotidien des aidants.

Les aides humaines
• Les services d’aide à la personne pour l’entretien de la maison, les courses, la préparation des repas, les soins esthétiques à domicile, l’accompagnement…
Pour trouver un service à proximité de votre proche, consultez l’annuaire des services d’aide à domicile.
• Les services de soins infirmiers à domicile (SSIAD) peuvent prodiguer des actes (piqûres, pansements…) ou aider à la toilette au domicile des personnes âgées, malades ou dépendantes mais uniquement sur prescription médicale.
La demande de prise en charge est faite par le médecin traitant.
• L’accueil familial propose d’héberger une personne âgée et/ou handicapée au sein de son foyer. L’accueil peut être provisoire ou permanent et est payant. Renseignements auprès de votre Conseil Départemental.
• L’accueil temporaire permet d’accueillir les personnes en situation de handicap de tous âges dans un établissement pour une durée limitée avec ou sans hébergement. Faire la demande auprès de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) de
votre département, sur l’annuaire www.cnsa.fr.

Les aides techniques
• L’aménagement du logement peut apporter un plus grand confort et une sécurité accrue à la personne en perte d’autonomie. Certains travaux et dépenses d’équipements réalisés dans l’habitation principale de la personne âgée ou handicapée (douche de plain-pied, WC surélevé, installation d’un monte-escalier par exemple) donnent droit à un crédit d’impôt sous conditions. Ces travaux d’adaptation du domicile peuvent être financés par l’ANAH (Agence nationale de l’habitat) si les personnes âgées ou handicapées sont propriétaires, mais aussi par la caisse de retraite ou par le département.
Informez-vous auprès d’un des 21 CICAT (centres d’information et de conseil en aides techniques) répartis en France.
• La téléassistance, en plus de rassurer les proches, permet, en cas de chute ou de malaise, de contacter 24h/24 et 7j /7 une plateforme téléphonique grâce à un médaillon ou une montre à porter sur soi.

Les aides financières
• L’APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie) est une aide financière versée aux personnes de plus de 60 ans en perte d’autonomie, sous conditions de ressources : elle peut aider à payer les dépenses nécessaires pour le maintien à domicile ou à financer une partie des frais en EHPAD (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes).
Si le plafond du plan d’aide APA est atteint, il est possible de bénéficier d’une enveloppe supplémentaire de 506,76 € maximum, sur un an, pour aider à financer des aides additionnelles, comme un accueil de jour de la personne en perte d’autonomie. Ces aides supplémentaires doivent avoir pour but de permettre au proche aidant de la personne âgée en perte d’autonomie de se reposer ou de pouvoir s’absenter. Il s’agit du droit au répit des proches aidants créé par la loi d’adaptation de la société au vieillissement.
• La PCH (Prestation de compensation du handicap), destinée aux personnes ayant besoin d’une aide dans la réalisation des actes de la vie quotidienne du fait d’un handicap, prend en charge en totalité ou en partie les dépenses liées au handicap.
• L’aide financière des conseils départementaux finance les interventions d’une aide à domicile si la personne ne bénéficie pas de l’APA. Elle est attribuée si les ressources mensuelles sont inférieures à 868,20 € pour une personne seule et à 1 347,88 € pour un couple.
• Les caisses de retraite peuvent financer l’intervention d’une aide à domicile mais aussi des aides techniques comme des barres d’appui, des marches antidérapantes…
• L’Allocation aux adultes handicapés (AAH) et L’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH). La première est versée aux personnes en situation de handicap de plus de 20 ans (ou plus de 16 ans sous certaines conditions) en fonction du degré ’incapacité
et des ressources pour assurer un minimum de revenus. La seconde est versée aux parents d’enfants handicapés pour compenser les frais d’éducation et de soins. Se renseigner auprès de la MDPH (maison départementale des personnes handicapées) de votre
département.

Les aides fiscales
Si vous hébergez un proche dépendant, vous pouvez également bénéficier dans les limites et conditions prévues par le Code général des impôts :
• d’un crédit d’impôt pour l’équipement de la maison ou d’aide à domicile,
• de déductions fiscales,
• d’une majoration de part pour le calcul de l’impôt sur le revenu,
• d’un abattement sur votre taxe d’habitation.
Si vous participez aux frais d’hébergement en EHPAD (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) de votre parent, vous pouvez déduire la somme que vous versez au titre de pension alimentaire si vous pouvez justifier des dépenses.

Les aides au répit
• Le congé de proche aidant permet (sous conditions) de s’absenter de son travail pendant 3 mois (renouvelables jusqu’à un an) pour accompagner
un proche handicapé ou en perte d’autonomie. Il est ouvert à tout salarié travaillant depuis au moins 1 an dans l’entreprise.
Nouveau :
Le PLFSS 2020 prévoit l’indemnisation du congé de proche aidant d’ici octobre 2020. L’indemnisation sera versée pendant une durée qui pourra aller jusqu’à 3 mois pour l’ensemble de la carrière de l’aidant. Le montant de cette allocation journalière sera fixé entre 43 et 52 € selon la
composition du foyer. Son versement ouvrira des droits à la retraite.
• Le congé de présence parentale donne la possibilité de rester au chevet d’un enfant de moins de 20 ans, victime d’un accident grave, d’une maladie ou d’un handicap nécessitant la présence d’un adulte à ses côtés (période de 310 jours maximum à utiliser dans un délai de 3 ans). Le montant de l’allocation journalière de présence parentale s’élève à 43,70 € si vous vivez en couple ou à 51,92 € si vous vivez seul.
• Le congé de solidarité familiale permet d’accompagner un proche en fin de vie (période de 3 mois, renouvelable une fois). Le montant de l’allocation journalière d’accompagnement d’une personne en fin de vie est fixé à 56,10 € par jour dans la limite de 21 jours (à temps plein) ou 28,05 € par jour dans la limite de 42 jours s’il transforme son congé de solidarité familiale en activité à temps partiel.
• Le don de jours de repos autorise un salarie à offrir, sous conditions, tout ou partie de ses jours de repos non pris au profit d’un collègue proche aidant (jours de la 5e semaine de congés payés, RTT, jours sur un Compte épargne temps, jours de récupération).

Où se renseigner ?
Pour mieux appréhender la maladie, connaître les dispositifs auxquels vous avez droit, vous repérer dans les démarches administratives, trouver un soutien psychologique ou tout simplement communiquer avec d’autres personnes confrontées au même problème… Des associations, des collectivités territoriales proches de chez vous, des sites et des lieux de rencontre sont là pour vous aider.
• Le CCAS, Centre Communal d’Action Sociale, peut vous orienter vers les services de proximité. Renseignez-vous auprès de votre Mairie.
• Le CLIC, Centre local d’information et de coordination, est un lieu d’accueil et d’information
pour les personnes âgées et leur entourage. Pour trouver un CLIC.
• L’Association Française des Aidants et aussi les cafés des aidants
• La Maison des aidants
• Pour les personnes âgées
• La compagnie des aidants
• Avec Nos Proches propose une ligne d’écoute et d’information : 01 84 72 94 72 (prix d’un appel local).
Des formations gratuites et payantes, en présentiel ou en ligne, peuvent vous aider à prendre du recul par rapport à la maladie et acquérir les bons gestes : L’Association Française des Aidants : un parcours de formation en ligne composé de 6 modules.
France Alzheimer propose des formations gratuites (5 à 6 séances d’une durée totale de 14 heures). Des conseils précieux également avec Le kit des aidants du Collectif Je t’aide.

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